Le sommet Européen de Lausanne – DHS Europe Cup 2014

La DHS Europe Cup, tournoi de tennis de table réunissant quelques-unes des meilleures joueuses et quelques-uns des meilleurs joueurs de tennis de table du Vieux Continent, a eu lieu à Lausanne du 7 au 9 février 2014, à la salle de la Vallée de la Jeunesse. Le public lausannois, dont quelques membres du CTT Montriond, a assisté aux débats acharnés de ce sommet européen. Vous verrez que c’est une fois de plus le couple franco-allemand qui a occupé le devant de la scène, à ceci près que la paire Boll/Mattenet a remplacé le binôme Merkel/Hollande, et que c’est pour une fois le Portugal qui a eu le dernier mot, confirmant ainsi la glorieuse incertitude… de la construction européenne.

Le spectacle est dans les gradins

« Tiens, t’as vu ? Il y a Pierre, là-bas, dans la tribune d’en face – Où ça ? – A côté de Paul – Je ne vois pas – Juste en dessous de Jacques – Ah ouais… lequel est assis au-dessus de Pierre – voilà… lequel discute avec Paul ». C’est le genre de dialogues dont on a l’habitude lors d’un tournoi international de tennis de table à Lausanne, où le public est composé majoritairement de pongistes, dont beaucoup se connaissent, de près ou de loin.

Alors oui, entre les changements de sets, durant les temps morts ou lorsque nos yeux en ont tout simplement marre de suivre cette petite balle qui a décidément de la peine à choisir un côté de la table une bonne fois pour toutes, nous nous amusons à chercher les têtes connues dans la tribune d’en face. Problème, même si nous voyons clairement une personne que nous connaissons dans les gradins d’en face, rien ne dit que cette personne nous a vus, elle. Alors comme nous n’avons pas le bras assez long pour lui serrer la main, il faudrait se lever et faire des grands signes. Ce serait en effet le seul moyen d’être sûr que l’autre nous voie. Mais on ne le fait pas, grands timides que nous sommes.

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Hé, vous avez vu ? Il y a Vi, là-bas. Arrêtez… ça ne sert à rien de lui faire des grands signes, il a quitté la salle depuis longtemps.

Cela dit, il y a des gens qui n’ont pas peur de se faire remarquer. On en dénombre plusieurs catégories. Il y a tout d’abord celui qui veut aller s’installer pile au milieu des gradins pour retrouver ses camarades, et qui doit pour cela se frayer un chemin entre les spectateurs. Voici des mots véridiques qui m’ont été adressés : « Excusez-moi, je m’appuie sur votre épaule ». On pourrait imaginer la réponse et le dialogue qui s’ensuit:

  • Allez-y.

  • Et vous permettez que je marche sur votre sac ?

  • Je vous en prie.

  • Et puis ça vous dérange si je marche sur votre pied ?

  • Bah...

Il y a aussi celui qui va s’installer dans les gradins pendant un set décisif où tout le public retient son souffle. Un joueur s’apprête à servir dans un silence de cathédrale, et là, l’intrus pénètre dans les gradins en bois et fait résonner dans toute la salle le bruit de ses lourdes semelles : BOUM – BOUM – BOUM – BOUM. Il n’en faut pas plus pour exaspérer les plus fins connaisseurs, qui se font entendre à leur tour en disant « chut ». Ou plutôt : « chhhhhhhhhhhhhhhh… ». Oui, car dans la pratique, souvent, le mot « chut » perd les lettres « u » et « t » en cours de route. Forcément, on demande aux autres de se taire, alors on se retient soi-même. « Chhhhhhhhhhhhhhh… ». Bref, tout ça pour dire que les personnes réclamant le silence font parfois aussi un peu de bruit.

Autre catégorie : les bébés qui pleurent. Mais comment leur en vouloir, à ces petits bouts de chou ? Par ailleurs, il existe très peu de moyens dissuasifs. Leur expliquer qu’il est interdit de parler pendant l’échange sous peine de perdre le point ? Ils n’ont rien à perdre. Les priver de biberon ? Contre-productif, c’est peut-être justement ce qu’ils réclament.

On a aussi eu ce photographe qui a voulu immortaliser quelques gestes techniques d’exception, mais qui a négligé un détail, ce que n’a pas manqué de lui rappeler un spectateur, à haute et intelligible voix : « ENLÈVE TON FLASH » !!!! Un petit point lumineux éblouissant nous a permis de localiser le « coupable ». Vous avez déjà croisé une voiture avec les feux de route allumés, n’est-ce pas ? Bah voilà, c’est exactement ça.

« Volare… cantare… oh oh oh oh… »

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient personne dans les tribunes, il est aussi possible, entre les sets ou pendant les temps morts, de se distraire au son de la musique. Oui, car figurez-vous que les organisateurs passent de la musique entre les sets et les temps morts. Et pas n’importe laquelle, de musique ! Croyez-moi, cette musique-là passe encore moins inaperçue qu’un photographe distrait ou qu’un bébé fatigué.

Pour vous donner un exemple, le samedi, on a eu droit aux Gypsy Kings à plein tube pendant un temps mort. « Volare… cantare… oh oh oh oh… nel blu… dipinto di blu… ». Très vivant, pour un temps mort ! On aime bien, les Gypsy Kings, mais franchement… pour une soirée de mariage, peut-être… mais pour des pongistes professionnels qui veulent se calmer et faire le vide ! En tout cas, dorénavant, on ne pourra plus entendre cette chanson sans penser à Boll, Pota, Ovtcharov et consorts ! « Volare… cantare… oh oh oh oh… ».

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A votre avis, lequel se moque des goûts musicaux de l’autre ?

Notez toutefois que cette musique entraînante et enjouée convient peut-être aux joueurs les plus fêtards. Comme Timo Boll, par exemple, qui, entre deux sets, bouge ses hanches sur la musique pour rester chaud. On dirait qu’il invite tout le public à le rejoindre sur la piste de danse. Pour lui, la fièvre du samedi soir semble commencer le samedi midi déjà… et continuer le dimanche matin ! Le champion allemand a en effet déclaré forfait le dernier jour de la compétition pour cause de maladie, alors qu’il devait disputer un match pour la 5e/6e place. Tant pis, la fête a continué sans lui, avec notamment… la Macarena ! Ah décidément ! Le spectacle est dans les gradins, mais aussi dans la sono ! On n’attend plus que Franky Vincent et la Compagnie Créole !

L’idole des jeunes

Alors lui, depuis l’édition 2013, il est devenu l’idole, le chouchou, la coqueluche du public lausannois. Je veux bien sûr parler du Français Adrien Mattenet. Pour s’en rendre compte, il suffit de jeter un coup d’œil au stand VIP et de voir toutes ces petites têtes blondes en quête d’un autographe. Quand on voit ça, on serait tenté de retomber en enfance…

Il serait toutefois faux de croire que seuls les enfants sont admiratifs. En fait, le public est largement acquis à la cause du représentant hexagonal (il est vrai que nous ne sommes pas loin de la frontière avec la France). J’en veux pour preuve les cris d’encouragement lancés régulièrement par ses fans : « Alleeeeeeeeeeeeez » ! Et quand il fait une carotte gagnante, on sent le public qui refrène ses applaudissements, à mi-chemin entre la gêne et le soulagement. En revanche, personne ne cache sa déception lorsqu’il perd un point « bêtement » : « Ohhhhhhhhhhhh » ! Et tout le public repart de plus belle en tapant des mains à intervalles de plus en plus rapides pour encourager son protégé. On se croirait à Rolland Garos du temps d’Henri Leconte !

Le samedi, en fin de journée, Mattenet affronte en demi-finale le Portugais Marcos Freitas, futur vainqueur du tournoi chez les hommes face au Danois Michael Maze. Le Lusitanien, qui sortira vainqueur du duel contre Mattenet, recueille lui aussi des applaudissements lorsqu’il marque un beau point. Jusque-là, rien d’extravagant – Marcos Freitas a aussi le droit d’être applaudi, ne soyons pas chauvins jusque sous le béret.

Ce qui est en revanche assez cocasse, c’est cet individu dans la salle qui continue à applaudir bruyamment pendant une dizaine de secondes après que tout le monde s’est arrêté. Encore un qui veut se faire remarquer. Et ça marche ! Mais oui, forcément, c’est un réflexe fondamentalement humain : on est toujours attiré par ce qui tranche avec le reste. En portant le regard vers cet individu, on voit qu’il arbore le maillot du Portugal, avec derrière lui… le drapeau du Portugal accroché à la paroi ! Ah tu m’étonnes ! Dommage que Fabien et moi n’ayons pas eu un coq sous la main, on l’aurait volontiers envoyé se promener dans les pattes de Marcos Freitas ! Sans vouloir être chauvin. Ah non, pas de ça entre nous. Pas de ça entre Français !

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Adrien Mattenet, en bleu, et Marcos Freitas, en vert, qui discutent en buvant un coup pendant le match. Si on vous dérange, vous le dites, hein ?

J’ai une dernière petite anecdote à vous conter au sujet de Mattenet. Cela se passe le dimanche, alors qu’il est opposé à Ovtcharov dans le match pour la 3e/4e place. Le représentant tricolore finira par perdre ce match 4 sets à 2. Mais il se sera battu. Bien battu. Sur toutes les balles. Même sur les balles impossibles. En effet, comme Adrien est têtu et tient à nous montrer qu’impossible n’est pas gaulois, il est allé nous chercher, avec l’énergie du désespoir, une balle à l’extrémité gauche de l’aire de jeu, réalisant un magnifique plongeon par-dessus les séparations. La réaction du public est partagée entre crainte et admiration. A cet instant, d’où nous sommes, c’est-à-dire en haut des gradins, nous ne voyons plus que les longues jambes de Mattenet qui se baladent en l’air.

Plusieurs membres de l’organisation accourent sur les lieux de la chute un peu à la manière d’une ambulance arrivant toutes sirènes hurlantes. Ils ont la mine catastrophée, comme si trois têtes de série venaient d’ores et déjà de déclarer forfait pour l’édition 2015. Pas de panique, les gars, c’est juste un petit vol-plané la tête la première contre le sol.

Nous serons en effet vite rassurés, pas de mal pour Adrien, qui se relève sous l’ovation du public – vous savez, un peu comme quand un joueur est évacué d’un stade sur une civière. Et comme stimulé par les applaudissements, il montre fièrement au public la balle qu’il tient dans la main, l’air de dire : « vous voyez, quand on veut, on peut » ! On nuancera en rappelant qu’il a eu la balle mais pas le point.

Tout à fait Thierry

Les finales du dimanche sont retransmises par une chaîne de télévision locale, qui a fait appel au multiple champion suisse Thierry Miller – notre monument national – pour commenter les matchs aux côtés d’un journaliste. On les voit bien, d’où nous sommes assis. Et on parvient même à admirer les points au ralenti sur le petit écran de télé du poste de commentateur.

Ce n’est toutefois pas là le plus intéressant. Non, ce qu’il faut observer avant tout, c’est le mouvement des lèvres de Miller, qui semble fournir de gros efforts pour éviter d’élever la voix. Il faut préciser que les commentateurs ne sont ici pas dans une cabine fermée, et qu’au ping-pong, c’est un peu comme au tennis, le commentateur parle peu et si possible pas trop fort. Contrairement aux Gypsy Kings, qui n’ont aucun scrupule de ce côté-là. Mais peut-on leur en tenir rigueur ? On ne va quand même pas leur demander de chuchoter, ce n’est pas leur métier ! Et on ne va pas demander à Thierry Miller de pousser la chansonnette en grattant des airs ensoleillés !

Difficile, donc, de commenter un sport qui exige le silence. C’est vrai, les commentateurs de foot sont mieux lotis à maints égards. Tenez, un autre exemple : au foot, quand il faut meubler, il suffit de citer le nom des joueurs qui se passent la balle successivement. Allez faire ça au ping-pong… vous me voyez venir : Boll – Mattenet – Boll – Mattenet – Boll – Mattenet – Boll – Mattenet – Boll – Mattenet – Boll – Mattenet… c’est lancinant, hein ? Remarquez, au tennis de table, le commentateur serait obligé de faire preuve d’une certaine vivacité, car il faudrait suivre le rythme de la balle, et vous savez comme moi qu’au niveau mondial, ça va très vite, déjà rien que pour les yeux. Alors pour la langue… Et si vous devez commenter le match Vacenovska-Pavlovich… tous mes vœux vous accompagnent !

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Vous voyez ? Quand on vous dit que c’est un sport difficile à commenter !

Remerciements

Je tiens pour terminer à remercier toutes les sources d’inspiration qui ont contribué à noircir les pages que vous avez sous les yeux. Merci donc aux nombreuses têtes connues dont on a croisé le regard dans les gradins, merci aux spectateurs qui nous ont bousculés en s’installant, c’est toujours plus drôle après coup que sur le moment, merci aux bébés de ne pas avoir docilement changé leurs habitudes pour un tournoi international de tennis de table, merci à ce photographe dont le flash nous a éblouis au même titre que le talent de Marcos Freitas, merci également à ce spectateur qui lui a dit bien fort d’enlever son flash – une situation cocasse, c’est comme un match, il faut souvent être deux pour assurer le spectacle.

Merci aussi aux organisateurs d’avoir dépoussiéré leurs 33 tours exprès pour nous, merci aux Gypsy Kings de s’être déplacés à Lausanne juste pour un refrain, merci à Timo Boll de s’être astreint à quelques exercices de mobilité sur un tube disco endiablé, merci à Adrien Mattenet d’être allé chercher une balle en dehors de l’aire de jeu (mais tu sais, Adrien, on t’en aurait donné une autre, de balle, ce n’est pas ce qui manque !), merci au public d’avoir soutenu la comparaison avec celui de Roland Garros, merci à ce spectateur portugais d’être resté portugais même en infériorité numérique, merci à Thierry Miller, dont le prénom est tout trouvé pour une brillante reconversion de commentateur sportif.

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Le podium féminin. On retrouve sur la première marche Jia Liu, l’Autrichienne, aux côtés de Jiao Li, la Néerlandaise, et de Viktoria Pavlovich, la Chinoi… la Biélorusse.

Enfin, merci à toutes les joueuses et tous les joueurs qui ont pris part à ce tournoi, et dont vous trouverez le classement dans la rubrique « Résultats » du site www.sttopen.ch. Ils sont parmi les meilleurs d’Europe, on donnerait notre coup droit et notre revers pour jouer comme eux. Et en ce dimanche 9 février 2014, jour de votations, on a envie de dire oui à la venue massive de pongistes étrangers en Suisse.

Benoît

Montriond 5 – Du suspens et des maths pour la saison 2013-2014

La saison 2013-2014 aura été intense du début à la fin. De retour d'Allemagne, je retrouve une partie de mes coéquipiers d'il y a deux ans, Christophe et Olivier, accompagnés de Julien. Après une saison difficile pour eux l'année passée et une malheureuse relégation à la clé, l'objectif était de remonter aussi vite que possible en 3ème ligue. Dans un groupe où, sur le papier, la première place allait se jouer entre Forward-Morges, Nyon, Trams-Renens et notre équipe, nous ne pensions pas devoir lutter jusqu'à la toute fin de saison !

Après 8 matchs et 32 points récoltés (8x4=32, livret 4 ou 8, selon préférence), les carottes n'étaient pas tout à fait cuites... Nos actuels adversaires directs, Forward-Morges, vexés de n'avoir gagné qu'un seul match lors de notre première rencontre, n'avaient rien lâché et nous talonnaient à la deuxième place du classement. Après cette belle série de matchs, nous concédions nos deux premiers points. Le premier contre la solide équipe de Nyon, puis le deuxième contre Lausanne lors de notre match retour. Ce soir-là, la moitié des joueurs présents venaient de l'EPFL. Heureusement pour l'autre moitié, les discussions d'après match se sont bornées à celles du parfait pongiste...

S'en suit une série de matchs presque aussi flamboyante avec 20 points en 5 matchs (5x4=20, livret 4 ou 5). Christophe, dans ses grands jours, en profite pour passer C6 à mi-saison, égalant ainsi son meilleur classement jamais atteint, mais avec quelques cheveux gris en plus ! Forward-Morges rattrape son retard et commet un sans faute, revenant à 4 points derrière nous. Ce qui en résumé nous fait 58 points pour 15 matchs (pas de livret cette fois...) pour notre équipe, contre 54 points en 15 matchs pour Forward-Morges. Dur dur...

Jeudi passé, nous jouions notre match retour contre Nyon. Olivier, Julien et moi avons buté contre le même joueur, Marc Bruyninx, adepte de la coupe à répétition, pour finalement nous imposer sur un score de 7-3. Fin du match à 22h15, nous avons frôlé la douche dans le noir (et accessoirement 3 matchs en wo).

A l'heure où j'écris ces lignes, le capitaine de Forward-Morges doit être en train de peaufiner sa stratégie pour le match retour qui oppose nos deux équipes. Nul doute que la tension sera palpable ! Dernier petit calcul : 3 points d'avance pour Montriond 5, quel score minimal nous faut-il faire pour assurer notre promotion ? (la réponse est laissée en exercice...)

 Jérôme

Le CTT Montriond en Hongrie au Lac Balaton

En 2006, Gyula nous avait emmenés en Hongrie pour nous faire découvrir Budapest et Eger, la ville où il a grandi. Sept ans plus tard, c’est sur les rives du lac Balaton, à 200 km au sud-ouest de Budapest, qu’il nous a proposé de faire un nouveau séjour. Plusieurs pongistes du CTT Montriond, accompagnés pour certains de leur conjoint et de leurs enfants, ont répondu à cette invitation au voyage. C’était du 17 au 20 août 2013. Pour ceux qui n’étaient pas avec nous, venez, je vous y emmène. Et pour ceux qui y étaient, je suis sûr que vous avez envie d’y retourner le temps d’une petite lecture. Je vous souhaite un agréable voyage à bord de… euh… oh, vous verrez, il y aura plusieurs moyens de transport différents.

Pas encore arrivés

Il est environ 9 heures, l’atterrissage à Budapest s’est passé en douceur. C’est à présent un bus que nous allons prendre jusqu’à Fonyód, une petite ville située au bord du lac Balaton. Notre chauffeur nous attend dans le hall de l’aéroport ; il tient une feuille blanche A4 sur laquelle on peut lire, en vert fluo, « CTT Montriond – Lausanne ». On le sent un peu crispé, notre chauffeur. Lorsqu’on s’approche de lui pour lui dire que nous sommes ses passagers, il pointe son index à plusieurs reprises sur sa feuille, le regard inquiet, comme s’il nous demandait : « Vous venez vraiment de Lausanne ? Vous êtes sûrs que vous êtes de Montriond ? Parce que moi, Montriond, connais pas ».

Il faut se mettre à sa place ; ce qui est écrit sur sa feuille est pour lui indéchiffrable. Comme le sont, pour nous, tous ces bleds hongrois indiqués sur les panneaux d’autoroute. D’ailleurs, beaucoup parmi nous, dans le bus, se sont amusés à les décrypter à voix haute : « Szééééé – keeeee – sfeeeee – hééééé – rvààààr (Székesfehérvàr). Et sur 150 bornes, les noms à déchiffrer sur les panneaux d’autoroute, ce n’est pas ce qui manque !

Je reviens un peu en arrière. Une fois sortis de l’aéroport, donc, nous nous dirigeons vers notre petit bus stationné un peu plus loin. Il fait 30 degrés bien sonnés, alors quand, juste avant le départ, la clim s’enclenche, tout le monde s’exclame en chœur : « Aaaaaaaaaahhhhhhh » ! Et quand, un peu plus tard, nous voyons le Danube, rebelote : « Aaaaaaaaahhhhhhh » ! Et quand on a découvert le lac Balaton… je ne vous dis pas !

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Juste avant d’arriver à Fonyód, petite ville lacustre où se situe l’hôtel dans lequel nous séjournerons, nous nous arrêtons dans un supermarché où nous allons pouvoir procéder au change pour obtenir des forints. Le premier qui s’avance vers le guichet, c’est Fabien, qui pour une fois ne fait pas sa transaction par carte, mais qui a des francs suisses ET des euros à changer. Tandis qu’il remet ses billets à la guichetière, celle-ci lui indique avec insistance un pack d’eau minérale posé devant le guichet. Oui, et alors ? Echanger 300 francs suisses contre six bouteilles d’eau ? Ça fait cher le rafraîchissement ! Surtout pour Fabien qui n’aime pas le liquide. On comprendra quelques minutes plus tard : c’est un pack d’eau que Gyula a gentiment mis à notre disposition sur le parcours afin de garantir notre hydratation.

Et pendant ce temps-là, Jérôme en profite pour essayer un maillot de bain. C’est qu’il a pensé à tout en faisant sa valise… sauf à ça. Alors, comme il n’a pas envie de se limiter à des bains de minuit pendant son week-end, il s’empresse de se procurer la « tenue correcte exigée ».

Chambre à part

Lorsque le bus s’arrête devant l’hôtel où nous allons loger pendant notre séjour, nous apercevons Gyula, Beata, sa compagne, et Andrei, le frère de Gyula, qui nous attendent de pied ferme et avec un grand sourire devant l’entrée. Nous saluons nos « gentils organisateurs », leur racontons en deux mots notre voyage, puis direction la terrasse de l’hôtel, où nous prenons notre premier repas. Et après ça, direction les chambres.

Jérôme, Fabien et moi-même découvrons l’endroit où nous allons dormir : un petit séjour avec deux canapés, et une chambre avec un lit double. Seul un des deux canapés a été équipé de draps et d’un oreiller ; Fabien s’empresse de poser son sac dessus, nous laissant ainsi, Jérôme et moi, nous diriger vers la chambre.

On pousse la porte, et là, face à ce grand lit double qui nous tend les bras, un célèbre tube de Stephan Eicher me revient soudain en tête. Ça ne vous rappelle rien ? Vous n’avez pas reconnu Two People In A Room ? Allez-y, fredonnez-la, vous en mourez d’envie.

Seul bémol, tout ça ne donne pas envie à Jérôme de chanter. Au contraire, je le sens tout de suite très circonspect. Il examine le lit double sous toutes ses coutures, en fait le tour plusieurs fois, puis exprime son sentiment : « ouais… bof… ch’ais pas… ». Et lorsqu’il voit qu’aucune séparation n’est prévue entre les deux occupants du lit, c’en est trop pour lui. Il prend son oreiller, ses draps, ses clics et ses clacs et se rue sur l’autre canapé du séjour. Pour Jérôme, le double Messieurs, c’est au ping-pong et c’est tout. Et vous savez quoi ? J’ai même pour moi tout seul les deux petites peluches soigneusement disposées au milieu du lit. Car même les doudous, Jérôme me les laisse !

Les pieds dans l’eau

Le lac Balaton. Cela faisait longtemps que Gyula nous en parlait, eh bien ça y est, nous y voilà, au bord de ce fameux lac Balaton. Seuls quelques mètres de pelouse séparent notre hôtel du lac, et il n’y a donc qu’un pas à faire depuis la chambre pour aller piquer une tête dans l’eau. Suivez-moi, vous verrez, elle est bonne.

Il faut savoir que le lac Balaton a une particularité : il est très peu profond. Sa profondeur maximale doit atteindre une quinzaine de mètres. Et entre la rive où nous sommes et celle qui nous fait face, la profondeur maximale doit être de quatre mètres seulement. Voilà pourquoi on peut faire 300 mètres et avoir encore largement son fond. Pas besoin de savoir nager. Juste marcher. Mais oui, je vous jure, dès qu’on part pour un crawl ou une brasse, on mord le sable. Rangez les palmes, raccrochez le tuba ! Et regardez-moi tous ces baigneurs au milieu du lac… qui se trempent les doigts de pied.

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Vous l’avez compris, pour boire la tasse dans le lac Balaton, il faut vraiment avoir soif. Mais figurez-vous que c’est quand même possible. Oui, avec l’aide d’Estelle et Johanna. C’est qu’elles ne sont pas à court d’idées pour transformer la baignade en un festival de jeux aquatiques : on se fait arroser, asperger, gicler, mouiller, rincer, couler (même si, parfois, on se laisse un peu faire). Et lorsqu’on les prend sur nos épaules, voyez-vous, elles finissent tôt ou tard par s’écraser dans l’eau. Et forcément, on s’écrase avec elles. A ce propos, pour ceux qui m’ont vu pencher la tête à droite toute la soirée de lundi… c’était le bouchon de trop.

D’accord, on a parfois le droit de se reposer, à savoir quand Mesdemoiselles Moosmann passent au jus sans nous. Je m’explique : à leur demande, on joint nos mains, elles posent un pied dessus et, faisant office de tremplin, on les lance à la flotte. Pris dans cette ambiance ludique et conviviale, voilà que je m’amuse à faire un brin de provoc : « je vais lancer Didier » ! Ce dernier, pour qui la plaisanterie ne s’arrête pas là, s’approche alors de moi avec la ferme intention de me mettre la tête dix pieds sous terre (vu la faible profondeur du lac…). C’était sans compter avec la résistance que je lui ai opposée. Face à son échec, Didier prétextera « j’ai trop bouffé ».

Do you speak English ?

La matinée du dimanche sera consacrée à un match amical de tennis de table face au club de Fonyód, ainsi qu’à une autre équipe du coin qui a souhaité se joindre à la rencontre – c’est dire que notre venue a suscité de l’engouement. C’est à 7 heures que sonne le réveil dimanche matin. Dans la chambre, alors que nous sommes sur le point d’aller prendre le petit déjeuner, Fabien, assis sur son canapé, a déjà mis le maillot du club, ses cuissettes et ses chaussures de sport. Jérôme, lui, est encore sous les draps. Quant à moi, planté là devant, j’essaie de trouver le juste milieu.

Arrivée à la salle de sport. Les joueurs hongrois sont déjà à l’échauffement. C’est une grande salle, où d’autres clubs de sport de la ville de Fonyód accomplissent leurs exploits (handball, uni-hockey, etc.). Les gradins auraient largement permis aux épouses – accompagnées des enfants – d’assister au match, mais le pédalo et la chaise longue ont eu plus de succès. Qu’on leur raconte le match après, ça leur suffit amplement. Elles sont comme les téléspectateurs d’Eurosport, elles préfèrent le différé.

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Vous remarquerez qu’Olivier et moi sommes les seuls à citer le nom du club.

Juste avant la cérémonie protocolaire qui précède la rencontre, joueurs magyars et suisses se serrent la main et échangent quelques banalités d’usage :

- Hello, Tibor

- Hello, Didier

- Hello, Attila

- Hello, Fabien

- Hello, Kryzstof

- Hello, Jérôme

- Hello, Frido

- Hello, Christophe

- Hello, Janos

- Hello, Olivier

- Hello, Balint

- Hello, Benoît

- Hello, Osvald

- Hello, David

- Hello, Janusz

- Hello, Jean-Jacques

Voilà un exemple de communication réussie. Mais ne vous fiez pas aux apparences, car même si nous nous sommes dit bonjour en anglais, la langue de Shakespeare ne résout pas tous les problèmes. Tenez, un peu plus tard, juste avant le début d’un match, je demande à mon adversaire hongrois en quelle langue il faut compter les points : English ? Il fait non de la tête. Auf Deutsch ? Il acquiesce timidement. Très timidement. Et il commence à compter… dans sa langue maternelle. Alors forcément, avec lui qui murmure les points en hongrois et moi qui compte en français dans ma tête, les sets ne se terminent pas toujours au même moment !

Restons dans les langues, en revenant à la cérémonie protocolaire qui a précédé la rencontre. Tandis que les joueurs magyars et helvètes sont alignés sur deux rangées qui se font face, certains parmi nous attendent les hymnes nationaux. Finalement, pas de fanfare, non, mais un discours de bienvenue du président de tous les clubs sportifs de Fonyód. On n’y comprend strictement rien ; c’est du chinois, ce hongrois ! C’est pourquoi Gyula se charge de la traduction française au fur et à mesure de l’allocution. Et là, vous savez, lorsque Gyula traduit, on a l’impression qu’il faut deux mots en français pour trois paragraphes en hongrois. C’est ainsi, tout semble beaucoup plus long en hongrois. Non, plus sérieusement, je crois en fait que Gyula déteste la traduction mot à mot.

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DÉFENSE DE PHOTOGRAPHIER !

Dans un deuxième temps, c’est le président du club de tennis de table de Fonyód qui prend la parole pour nous souhaiter la bienvenue. Bien entendu, une rencontre internationale ne serait rien sans le traditionnel échange de cadeaux. Le CTT Montriond a apporté des maillots du club et des chocolats suisses aux joueurs locaux. Ceux-ci, quant à eux, nous offrent une bouteille d’eau-de-vie (qu’il faudra siffler avant le retour en Suisse car ce genre de liquides ne passe pas le contrôle de sécurité à l’aéroport), et remettent à Christophe un drapeau de la Hongrie et un drapeau de la Ville de Fonyód. Le transport de ces drapeaux étant plus facile en voiture qu’en avion, ils sont provisoirement confiés à Gyula, qui les ramènera quelques jours plus tard au volant de son véhicule.

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T’es puni ?

Comme nous sommes dix joueurs du côté de Montriond et autant du côté hongrois, trois équipes dans chaque camp sont constituées, et ce sont en fait trois matchs qui se déroulent simultanément. Une deuxième série aura lieu ensuite, avant, pour terminer, un tournoi de doubles à élimination directe. Par conséquent, j’avoue que je suis bien en mal de vous dire qui a gagné et qui a perdu. Je ne sais pas où sont les feuilles de résultats, et de toute façon, je vous préviens tout de suite, je ne vais pas les rechercher à Fonyód – même si on me les a mises de côté.

Mieux que la rame

Dans le programme qu’il a nous a concocté, Gyula nous a promis un tour en bateau sur le lac. Dimanche, fin d’après-midi, le match de ping-pong est digéré, et nous sommes tous réunis (femmes et enfants nous ont rejoints) sur le port de Fonyód, avant d’embarquer pour Badascony, une petite ville située en face de Fonyód, sur l’autre rive du lac, où une dégustation de vins nous attend. A ce moment-là, nous croyons encore que nous allons prendre un grand bateau tel que ceux de la CGN. C’est mal connaître Gyula, qui aime à nous surprendre sans cesse.

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Pour cette traversée lacustre, nous allons être répartis en trois groupes sur… trois petits bateaux. Pour ma part, je fais le voyage avec Gyula, ainsi que les familles Moosmann et Ducommun. Sans oublier notre « commandant de bord » – il y en a un sur chaque embarcation. Ce dont je me souviens le mieux chez notre commandant, c’est sa mine très débonnaire ; en plus de ça, il n’a pas l’air de se faire beaucoup de souci. Remarquez, il n’y a pas la moindre vaguelette sur ce lac d’huile. Et pratiquement pas de vent, non plus. Alors quand le capitaine arrête le moteur et hisse la voile, ça fait un peu sourire.

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Vous voyez, la voile, c’est vraiment pour la frime.

Durant cette traversée, notre « commandant de bord » ne sera toutefois pas le seul à faire avancer le bateau. Plusieurs se sont pris au jeu de la conduite en allant à la barre, à commencer par Caroline, suivie de… suivie de… de votre rédacteur en chef ! Mais oui ! Ah, j’entends déjà les rires moqueurs ! Mais figurez-vous que c’est plus facile que la rame.

Seule difficulté, il faut orienter la barre dans le sens inverse de la direction qu’on veut suivre. Les premiers réflexes innés ont la vie dure, bien entendu, mais on comprend le truc assez rapidement. Soucieux néanmoins de savoir si le bateau va dans la bonne direction, je regarde notre capitaine d’un air interrogateur en levant mon pouce. Il hoche la tête pour me confirmer que tout va bien.

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Est-ce que je peux vous appeler Popeye ?

En fait, c’est vers l’entrée au port que je commence à angoisser – le moment du parcage. Et quand on me dit que les manœuvres en bateau sont plus périlleuses qu’en voiture… C’est pourquoi je cède volontiers la place à notre « commandant de bord », qui s’approche de moi pour reprendre les manettes. D’ailleurs, c’est même en français qu’il se manifeste : « j’arrive », dit-il avec un petit accent local. Oui, rien qu’avec un regard anxieux, j’ai réussi à lui arracher deux mots de français. Il tenait sans doute à bien se faire comprendre. Etait-il finalement aussi inquiet que moi ?

Ça secoue !

Nous voilà donc arrivés sur les quais de Badascony. La dégustation de vins a lieu à quelques kilomètres de là. Pour patienter avant l’arrivée des véhicules qui doivent nous y conduire, une petite bière ou limonade sur une terrasse fera l’affaire. Une fois la « case bistrot » derrière nous, nous attendons sagement qu’on vienne nous chercher pour la suite des opérations, quand soudain, deux jeeps aux couleurs éclatantes s’arrêtent juste devant nous. En voiture tout le monde !

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Ça alors ! Décidément, en ce dimanche après-midi, les transports nous offrent bien des surprises. On piaffe comme des gamins dans ces jeeps qui datent de la fin de la période soviétique. Bien sûr, ces engins ont été depuis remis au goût du jour grâce à quelques couches de peinture, de quoi cacher la faucille et le marteau.

Accrochez-vous, car ce trajet sur la route n’aura rien de comparable avec la paisible promenade en bateau que nous venons de faire sur les eaux du lac. Là, c’est simple, nos jeeps sont portées par des vagues de trois mètres de haut. Qu’est-ce que ça déménage dans ces machins ! VROUM ! VROUM !  Décollage dans une minute. VROUM ! VROUM ! Et pas de ceintures de sécurité. VROUM ! VROUM ! On s’accroche comme on peut. VROUM ! VROUM ! Tu tiens bien la petite, hein ? VROUM ! VROUM !

Allez, tout le monde descend, on est arrivés. La soirée se poursuit avec la dégustation de vins qu’on nous a promise, suivie d’un repas au restaurant juste à côté – restaurant sur la terrasse duquel un orchestre se charge d’animer un peu le repas. Reconnaissons toutefois qu’on ne l’a pas beaucoup entendu. Tout le monde sait que le violon est un instrument ingrat : pas facile de passer après la jeep.

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A ceux qui trouvent l’ambiance du San Marco trop calme : voilà du renfort…

La tête dans les étoiles

Gyula nous avait dit avant cette excursion de prévoir un pull ou une jaquette. Oui, car c’est de nuit que nous allons rentrer à Fonyòd, et il peut faire un peu frisquet sur le bateau pendant la traversée nocturne du lac. Finalement, nous n’avons pas eu besoin de nous vêtir davantage ; seuls les enfants ont dû enfiler un pull pour dormir confortablement dans la cabine du bateau. La balade de nuit a été aussi agréable que celle de jour. Et comme les feux rouges et passages piétons ne sont pas nombreux sur le lac Balaton, notre capitaine a pu compter les étoiles avec nous.

A table !

Quand on va à l’étranger, rien n’est comme dans son pays d’origine. Les habitudes, mieux vaut les laisser à la maison. C’est ce qu’on s’est dit plusieurs fois pendant le week-end. Et curieusement, c’est souvent à l’heure de manger qu’on s’est dit ça ; vous savez, lorsqu’on est tous autour de la table et qu’on découvre ce qu’il y a dans nos assiettes. Je me propose donc de vous relater une petite anecdote à ce sujet. Un grand moment de cuisine.

C’est le premier soir, sur la terrasse d’un restaurant à Fonyòd. La grande place où nous sommes est très animée, notamment grâce à des chansons de Sting et Michael Jackson… réinterprétées à la trompette. Mais vous savez, Sting et Michael Jackson revisités, ce n’est rien à côté de la salade mixte revisitée : sur le rebord de l’assiette, trois cornichons qui se courent après, en alternance avec trois pâles poivrons jaunes qui se courent après. Le tout avec un peu de chou au milieu. Qui se court après. Ça fait beaucoup rire Olivier. D’autant qu’il a commandé autre chose.

Et quand la chaleur s’en mêle…

Le lendemain, dimanche, après le match de tennis de table, nous sommes invités à manger dans le restaurant de l’un des joueurs hongrois. Riche en fromages et viandes panés, le plat de résistance porte bien son nom. Et il réchauffe. N’oublions pas d’ajouter à cela les quelque 30 degrés affichés par le thermomètre. Alors, en sortant de table, lorsque Gyula nous dit de prévoir une jaquette ou une petite laine pour le retour en bateau le soir même, les petites perles de sueur se transforment vite en grosses gouttes de transpiration.

Attendez, ce n’est pas fini, je vous ai gardé au chaud le plus chaud pour la fin. Le lendemain matin, lundi, 35 degrés environ, toute la troupe (sans nos guides Gyula, Beata et Andrei) se rend à pied de Fonyód vers une autre petite ville située un peu plus loin en bordure du lac. Nous arrivons à destination après une heure et demie de marche. D’après Gyula, il ne fallait qu’une demi-heure. Je vous l’ai dit, quand Gyula traduit, c’est souvent plus court que dans la version originale.

Enfin arrivés à l’entrée de la ville, nous sirotons une bière ou une limonade sur une terrasse pour nous rafraîchir (rafraîchissons-nous, nous en aurons besoin). Chacun aspirant à un peu plus de liberté, le groupe se disperse un peu plus loin, au bord du lac, où la fête foraine bat son plein. On y trouve quelques attractions, mais aussi et surtout beaucoup de stands de nourriture. Et quand on s’arrête devant ces stands, on comprend pourquoi « nourriture » rime avec « panure » et « friture ». D’ailleurs, Didier, que l’on croise un peu plus tard avec sa brochette de viande dans une assiette en carton, résume bien les choses : « c’est le seul truc qui n’est pas pané ». On peut y ajouter les saucisses en tout genre qui se bousculent pour se faire une place sur les grills. Ça cuit, ça crépite, ça fume, ça grille, ça bout et ça… CHAUFFE !!! Alors s’il vous plaît, de grâce, qu’on arrête de nous parler de jaquette, de petite laine, de pull ou d’anorak !

Et quand la chaleur persiste…

Vous avez chaud ? Venez donc près du feu ! Pour le dernier soir de notre séjour, Gyula nous a en effet organisé des grillades, juste devant notre hôtel, au bord du lac, où nous sommes tous réunis autour d’un feu. A cette occasion, nous découvrons, outre les steaks et saucisses plus ou moins habituels, une spécialité culinaire typiquement hongroise, que Beata nous présente à travers une petite démonstration, et à laquelle plusieurs d’entre nous goûteront.

Il s’agit de fixer à l’extrémité d’une pique un gros bout de lard avec 100% de gras. Quand je dis 100%, c’est cent pour cent. On y ajoute un oignon et on met le tout au-dessus du feu afin de faire couler le gras sur une tartine… d’oignons. Oui, comme vous dites, il ne manquerait plus que ce soit pané. S’il vous plaît, vite, un grand verre de coca !

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Au registre des curiosités de la soirée, on se rappelle aussi ce groupe de baigneurs sans complexes ; ils ont tous tombé le maillot de bain et vont se baigner en courant à la queue leu leu (vous voyez ce qui a failli arriver à Jérôme). Cette scène donnera l’idée à quelques-uns d’entre nous de faire la même chose à la nuit tombée… mais vêtus du service minimum (mais non, pas la casquette… le soleil s’est couché depuis longtemps).

Le soleil se couche, la nuit tombe et le vent se lève. Les deux premiers phénomènes ont lieu chaque jour. Le troisième, pas forcément. Sauf en ce lundi soir au bord du lac Balaton. Nous avons fini de manger, nous sommes autour du feu, les baigneurs nocturnes sont sortis de l’eau, et là, tandis que nous nous demandons si le dernier rallye du club a eu lieu en 1997 ou en 1998, le vent se met à souffler de manière aussi soudaine qu’énergique. Panique à bord ! Tout le monde se lève comme un seul homme. Eteindre le feu, vite ! Ramasser les affaires, vite ! Empêcher les assiettes en plastique de s’envoler, vite ! Vous avez sûrement déjà vécu des situations de ce genre.

Impressionnant, ce vent. On dirait que l’orage va gronder tout soudain, mais il n’en est rien ; le vent continuera à souffler toute la nuit avec la même intensité. Quant à la soirée, elle se termine à la réception de l’hôtel, où les plus couche-tard resteront éveillés pour finir la partie de chibre qu’ils avaient commencée au week-end à ski. Avec tout ça, on ne sait toujours pas si le dernier rallye du club a eu lieu en 1997 ou en 1998.

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Mardi matin. Non content de souffler toujours aussi fort et de faire des vagues sur le lac, le vent a en plus fait venir les nuages. Mais peu importe, c’est le jour du retour en Suisse. Tout le monde dans le bus, direction Budapest et l’aéroport. Et puisqu’on est dans le domaine des transports, vous trouverez ci-dessous un petit bonus (pour la route).

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Le constructeur Trabant annonce une nouvelle chute de ses ventes pour le deuxième trimestre 2013.

Voilà. J’ai essayé d’être aussi bref que possible. Il est clair que je ne saurais terminer le récit de nos aventures magyares sans adresser, au nom de tous, un GRAND MERCI à Gyula, Beata et Andrei, pour l’organisation des diverses activités sur place, pour les nombreux trajets en voiture qu’ils ont faits pour nous, etc. N’oublions pas de remercier une autre personne impliquée dans l’organisation du voyage, à savoir Christophe, qui s’est notamment occupé des billets d’avion et auquel je propose de remettre, pour notre prochain voyage, une chemise orange et un badge « Easy Jet ».

Benoît